La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) est depuis longtemps l’une des formes de société les plus prisées par les entrepreneurs. Mais depuis le début de l’année 2025, Legalstart observe qu’ils sont de plus en plus nombreux à la convoiter.
Entre une inflation persistante et des réformes fiscales retardées, les entrepreneurs se tournent de plus en plus vers la SASU. Mais qu’est-ce qui explique ce choix ? Pierre Aïdan, l’un des cofondateurs de Legalstart, explique que : “La situation économique actuelle est instable. Les entrepreneurs ne veulent pas être pris au dépourvu et se tournent donc vers un statut stable et souple qui leur permet d’avoir une visibilité sur le long terme”.

L’incertitude du climat économique actuel influence-t-il les décisions des entrepreneurs ?
En 2025, les indépendants français entreprennent dans un environnement économique marqué par l’instabilité. Bien que l’accès au financement demeure globalement résilient, avec une croissance annuelle de l’encours des crédits aux entreprises de +2,0 % en décembre 2024, les conditions économiques restent préoccupantes. Le nombre de défaillances d’entreprises a atteint 67.830 en 2024, un chiffre supérieur à la moyenne d’avant la crise sanitaire.
Cette conjoncture économique inquiète d’autant plus les entrepreneurs que l’adoption du projet de loi de finances (PLF) pour 2025 a été retardée au 6 février dernier. Et pourtant, le projet qui prévoyait entre autres un abaissement du seuil de franchise en base de TVA à 25.000 € n’a pas vu tous ses objectifs atteints. En effet, cette réforme de la TVA a été suspendue.
Cette suspension crée une incertitude supplémentaire pour les entrepreneurs, qui doivent s’adapter à un cadre fiscal mouvant. Comme l’analyse Décideurs Magazine qui a écrit un article sur la SASU qui mentionne Legalstart, ces ajustements réglementaires influencent fortement les choix des créateurs d’entreprise, les poussant vers des structures plus flexibles comme la SASU.
De là, la SASU s’impose comme une solution privilégiée par les entrepreneurs qui cherchent plus de stabilité.

La SASU : le statut le plus adapté aux périodes d’instabilité ?
La souplesse de fonctionnement de la SASU
La SASU se caractérise par une grande liberté dans la rédaction des statuts, ce qui permet à l’associé unique de définir lui-même les modalités de gestion et d’organisation de sa société. La seule obligation pesant sur ce dernier est celle de nommer un président. Cette souplesse permet dès lors de facilement faire entrer de nouveaux associés, transformant ainsi la SASU en SAS en cas de croissance de l’activité.
La protection du patrimoine personnel de l’associé unique
Un autre autour majeur de la SASU, qui en fait une forme plébiscitée par les entrepreneurs, est la limitation de la responsabilité de l’associé unique aux apports qu’il a effectués. Dès lors, en cas de difficultés financières, son patrimoine est préservé.
Un régime fiscal avantageux
Par défaut, la SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) au taux normal de 25 %. Cependant, un taux réduit de 15 % s’applique sur la tranche de bénéfice inférieure ou égale à 42.500 €. Pour en bénéficier, il faut que la société ait un chiffre d’affaires annuel inférieur ou égal à 10 millions d’euros et un capital social entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
Un régime social protecteur
En enfin, le régime social du président de SASU est protecteur. Il bénéficie en effet du statut d’assimilé salarié s’il perçoit une rémunération, ce qui signifie qu’il est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Sa couverture sociale est donc comparable à celle des salariés, incluant l’assurance maladie, l’assurance retraite, les allocations familiales et l’assurance contre les accidents du travail.
La SASU se présente donc comme une solution viable pour les entrepreneurs en quête de souplesse et de stabilité. Bien que déjà prisée auparavant, cette forme s’impose de plus en plus dans le paysage juridique face à l’instabilité économique actuelle de la France.

