À l’issue des crises successives qui ont ébranlé l’Europe ces six dernières années, les agences de notation se sont imposées comme des acteurs incontournables sur la scène politique européenne. Boucs émissaires pour certains, véritables coupables pour d’autres, elles ont cristallisé, au cœur de la tourmente financière, les appréhensions et les doutes d’une Europe en peine face à une suc- cession d’événements dont l’ampleur fut inédite. La virulence du débat qu’elles ont suscité se comprend à l’aune de l’importance acquise et reconnue à ces acteurs : une autorité régulatoire et normative réelle, identifiable au regard des effets qu’elle produit. La présente contribution étudie les ressorts et les limites de celle-ci au sein de l’Union européenne. Nous nous attachons à démontrer que la notation financière, en fournissant le cadre de référence de l’activité financière, s’est imposée comme un instrument incontournable de l’action publique européenne. Bien que les agences de notation fassent aujourd’hui l’objet de vives critiques – lesquelles donnent lieu à de multiples « luttes » sur les terrains réglementaire et judiciaire –, leurs évaluations demeurent des instruments pérennes de l’action publique et les épisodes de crise ont contribué à renforcer leur institutionnalisation.

Caroline Lequesne Roth, « La notation financière : instrument de l’action publique européenne », Revue internationale de droit économique, vol. t. xxxi, no. 2, 2017, pp. 41-81.

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