A paraître dans les prochains Mélanges AEDBF – France, Vol VII, Revue Banque éditeur, septembre 2018.

La notion d’algorithme suscite une peur, parfois irrationnelle, car elle échappe à la compréhension de la plupart de ceux qui en sont les instruments. Certains auteurs redoutent même « l’heure du grand collapse » et se questionnent sur la transformation en cours : « seule une anthropologie radicale mobilisant la totalité du savoir que le genre humain a acquis sur son identité profonde est à même de prévenir son extinction ». L’inquiétude vient aussi de ce que les algorithmes font de la société une boite noire : nous vivons dans une « Black Box Society », dans laquelle « les algorithmes cachés peuvent faire (ou ruiner) la réputation, décider de la densité des entrepreneurs, ou même dévaster toute une économie ». Faut-il alors redouter et dénoncer l’emprise du chiffre ? Faut- il aller plus loin et l’endiguer ?

La gouvernance par les nombres est un « phénomène global » qui échappe à une approche sectorielle et disciplinaire du droit. Nous y voyons une illustration de cette “technosphère”, marquée par une circulation totale au-delà du contrôle.

La sphère des données réinterroge les constructions du droit et ouvre le champ d’investigation juridique à une réalité nouvelle mais désormais présente dans l’ensemble des champs de l’activité humaine. L’enjeu est bien de garder la maitrise sur une technologie intelligente, créée par l’homme mais qui s’en est affranchie pour construire son propre espace de légitimité.

 

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